Activité physique et diabète : Tous les diabétiques peuvent-ils faire du sport ?

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La pratique régulière d’activités physiques participe à l’éducation thérapeutique du sujet diabétique par le renforcement de l’estime de soi, de la confiance en soi et de la connaissance de soi, de ses possibilités et de ses limites et, surtout, par l’adoption d’une gestion régulière et durable de son potentiel santé sans oublier le respect de sa prise en charge et la prise régulière de ses médicaments prescrits.

Oui ! Le mouvement, c’est la vie. L’absence d’activités et la limitation du mouvement chez le sujet diabétique se traduisent généralement par un cercle vicieux : le tonus ou la forme baisse, les capacités baissent, le moral baisse et toutes les activités diminuent. Bouger est un impératif de vie et de survie pour tout le monde et, particulièrement, pour tous les diabétiques. La question est de savoir comment faire ?
Oui ! Pour le sport pour tous les diabétiques mais pas n’importe comment.
Le diabète à des effets de complications pour le cœur, les vaisseaux sanguins, la force, la masse musculaire et la résistance aux maladies.
Comment faire du sport ?
1°) Déterminer votre statut fonctionnel : évaluer votre condition physique et la conduite à tenir (CAT). Voir avec votre médecin en fonction des contre-indications : ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut pas faire et ce que vous pouvez faire.
2°) Elaborer et mettre en œuvre un plan-programme d’entrainement adéquat par des exercices physiques avec un professionnel de l’exercice physique adapté : un exercice physique est un ensemble de pratiques physiques codifiées et dosées par les 5 paramètres (F.I.T.T.E) que sont :
⦁ La fréquence (le nombre de fois),
⦁ l’intensité (I) qui peut être faible, moyenne ou forte,
⦁ le type d’exercices ou d’activités,
⦁ les temps d’exercices et les temps de repos dans la séance mais aussi, entre les séries et les répétitions et enfin,
⦁ l’environnement (E) c’est-à-dire le contexte et la situation.
Retenez donc bien : FITTE pour gérer et doser votre effort.
Le coaching va consister à : « faire, faire-faire et laisser faire » ; votre coach, entraineur, animateur et éducateur physique devra :
1°) vous démontrer les exercices « faire »,
2°) les valider, en vous laissant faire sous sa supervision, devant lui afin d’apporter les bonne corrections « faire faire »et ensuite,
3°) vous laisser pratiquer tout seul « laisser faire »; parce que le but est de vous rendre votre autonomie.
N’oublions pas, et c’est très important, l’environnement, le contexte et la situation. En effet, nous sommes en milieu chaud et humide et qu’il faut mieux éviter les activités physiques intenses à cause des risques rapides de coup de chaleur (hyperthermie) et de perte d’eau (déshydratation). (Voir article du même auteur dans le numéro précédent sur comment s’hydrater lors du marathon ?)

Le sport et l’éducation physique et les activités physiques en général participent à prévenir les maladies chroniques et accompagner la prise en charge du sujet diabétique  dans le but d’aider à faire :
⦁ 1) Disparaître des symptômes en évitant l’hypoglycémie;
⦁ 2) Corriger l’hyperglycémie et la glucosurie;

Recommandations concernant la pratique de l’Activité Physique chez le diabétique : 5 à 7 fois par semaine.
⦁ Pour le diabétique de type 1, l’activité physique pratiquée de façon quotidienne permet d’adopter un régime alimentaire et un dosage d’insuline réguliers.
⦁ Pour le diabétique de type 2, l’activité pratiquée au moins 5 fois par semaine permet de maximiser la dépense calorique et de contrôler le poids corporel :
⦁ 30-60 minutes par séance ;
⦁ Aérobie + musculation ;
⦁ L’intensité modérée, 50-75 % de la capacité fonctionnelle (jusqu’à avoir un léger essoufflement).

⦁ Reconnaître et prévenir les signes d’hypoglycémie en:
⦁ Mesurant plus fréquemment sa glycémie en phase d’initiation d’un programme d’exercices;
⦁ diminuant sa dose d’insuline (de une à deux unités ou selon les recommandations du médecin) ou en augmentant sa consommation de glucides (de dix à quinze grammes par demi-heure d’exercices) avant de débuter une séance d’exercices ;
⦁ injecter l’insuline dans une zone corporelle peu sollicitée par l’exercice, comme l’abdomen ;
⦁ évitant l’exercice durant la période d’activité insulinique la plus élevée, c’est-à-dire dans l’heure qui suit un repas;
⦁ prenant un goûter riche en glucides, avant et pendant toute activité physique prolongée.
⦁ Si vous avez une rétinopathie, éviter les activités avec chocs répétitifs (éviter la course à pied) ou des augmentations importantes de tension artérielle (éviter la musculation).
⦁ Natation et bicyclette sont recommandées si vous avez des problèmes orthopédiques.
⦁ il est important de prendre soin de l’hygiène des pieds et de porter une paire de chaussures confortables.
La pratique régulière d’activités physiques participe à l’éducation thérapeutique du sujet diabétique par le renforcement de l’estime de soi, de la confiance en soi et de la connaissance de soi, de ses possibilités et de ses limites et, surtout, par l’adoption d’une gestion régulière et durable de son potentiel santé sans oublier le respect de sa prise en charge et la prise régulière de ses médicaments prescrits.
L’activité physique régulière, l’éducation physique et le sport participent à l’éducation thérapeutique du sujet diabétique en vue de son autonomie et de sa qualité de vie.
Par le Pr Djibril SECK, Directeur de l’INSEPS
(Institut National Supérieur d’Education Physique et Sportive)

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